Yann Halgand alpiniste du bâtiment


EntrepriseHalgandYann Halgand est alpiniste du bâtiment. Avec Fabien Poivet, qui travaille avec lui en intérim, il intervient sur des chantiers difficiles d’accès, souvent situés à des dizaines de mètres de hauteur.

L’immeuble sur lequel ils travaillent,situé au bord de l’Huisne, le long de l’avenue Jean-Jaurès, au Mans, est haut de onze étages.

Une prouesse sportive 

Sur lui, le temps, les intempéries ont fait leur oeuvre ; ici et là, sur la façade, des parties de la maçonnerie ont souffert. Alors, les deux alpinistes du bâtiment ont été appelés à la rescousse pour une remise en état, là où il serait très compliqué pour des artisans ordinaires d’intervenir.

Depuis le toit, plusieurs cordes pendent dans le vide, jusqu’au sol. Yann Halgand et Fabien Poivet sont équipés comme le sont ceux qui vont escalader une paroi rocheuse. De haut en bas, de gauche à droite, ils évoluent au-dessus du vide, passent d’un balcon à l’autre, se balancent, voltigent. Le matériel et les outils qu’ils utilisent les suivent via ce même système de cordée.

Dans ces postures inédites, maçonner devient une prouesse sportive. D’ailleurs, aux fenêtres, plusieurs habitants sont au spectacle. « Ils sont aux premières loges », s’amuse Yann Halgand. « Avec eux, ça se passe toujours très bien. En copropriété, certains ne bougent pas beaucoup de chez eux, alors, cette activité, ça agrémente leur quotidien. »

Amateur d’escalade depuis l’enfance .

Ce métier d’alpiniste du bâtiment, Yann Halgand l’a découvert un peu par hasard. « J’étais éducateur sportif à Saint-Brévin-les-Pins, et un jour, j’ai

vu des mecs travailler comme ça sur le pont de Saint-Nazaire », explique-til.

« Comme je fais moi-même de l’escalade depuis l’âge de 8 ans, et que j’ai des connaissances en maçonnerie, ça m’a donné envie de me lancer.

» Alors, ce natif de Pontchâteau, en Bretagne, prend la direction du Vercors, pour quelques semaines de formation ; depuis six ans, il est installé à son compte, à La Bazoge.

« Ma carte professionnelle circule, et on travaille beaucoup avec des syndics de copropriétés, ou des grosses boîtes, qui font appel à nous. En fait, l’entreprise a vraiment décollé il y a trois ans, mais il faudrait encore plus de travail, pour que je puisse embaucher Fabien. »

« Plus besoin de se parler »

Un jeune homme qui a lui aussi fait le choix de s’orienter vers ce métier si particulier. « Avant, je travaillais dans la maintenance, et j’en ai eu marre d’être en danger sur certains chantiers »,

indique-t-il. « Sur l’un d’eux, j’ai rencontré des cordistes. On a bien discuté.

J’ai suivi la formation, la même que Yann, dans le Vercors. » Depuis début 2014, les deux alpinistes travaillent ensemble. Complices. Synchro. « En parfaite coordination. Tout est méthodique », assure Yann Halgand. « Nous avons nos automatismes, et quand on est suspendus, on n’a presque plus besoin de se parler. »

Nicolas FERNAND